Cérémonie d’accueil triomphal de la famille poussin à la fin du madatreck

DISCOURS DE MONSIEUR LE MINISTRE DU TOURISME A L’OCCASION DE LA CEREMONIE

D’ACCUEIL TRIOMPHAL DE LA FAMILLE POUSSIN A LA FIN DU MADATRECK

DIMANCHE 19 AOUT 2018 A LA GARE SOARANO

 

«  Salutations protocolaires »

Mademoiselle, Madame et Messieurs les braves membres de la légendaire et grande famille POUSSIN,

Amis et connaissances,

Bonjour à toutes et à tous,

La journée d’aujourd’hui est à marquer d’une pierre blanche dans les annales de l’histoire de notre pays, mais également de celle du monde entier,  tant elle est exceptionnelle. En effet, nous célébrons aujourd’hui, hic et nunc, une cérémonie d’accueil triomphal et de consécration de la famille Poussin qui, fait rare en son genre, a fait, durant quatre ans, le tour de Madagascar avec leur charmante charrette Fanantenana.

Dès lors, il convient de placer cette auguste retrouvaille sous les signes de la joie, du bonheur, de l’union et de la solidarité, de la reconnaissance aussi, et ce,  en dépit des problèmes, des difficultés,  des conflits et nonobstant les différences. Sur ce dernier point, force est d’admettre que contrairement à ce que prétend un adage classique, comme quoi, il n’existerait de connaissance que du même au même, la différence ne devrait plus désormais s’ériger en obstacle à la construction du savoir, au développement et encore moins au mieux vivre ensemble, car nous sommes tous des citoyens de ce monde, membres de la famille humaine.

C’est pour toutes ces considérations que je vous prie tous de faire preuve de mansuétude à mon égard : aujourd’hui, je romprai volontiers au protocole d’usage et au ton formaliste des discours officiels car je laisserai le cœur s’exprimer et je parlerai le langage du cœur, ce langage direct, émotif, sincère, si sincère même puisqu’il jaillit du plus profond de notre âme. Les Malagasy ne sont-ils pas d’ailleurs réputés pour être des hommes et des femmes de cœur : olon’ny fo ? Mais ce n’est pas grave : cela est aussi une autre expérience de l’humain, une autre dimension pas trop techniciste, ni rationaliste de l’être au monde. Alea jacta est !

Et parce que le focus de mon allocution porte essentiellement sur l’éloge de la famille Poussin et la richesse symbolique de leur exploit, je me dois quand même de commencer, pour ne pas les oublier, par remercier chaleureusement tous ceux et toutes  celles qui ont bien voulu contribuer à la réussite de l’organisation et honorer cette cérémonie de leur présence hautement significative. Que Dieu vous bénisse tous et je vous adresse mes vifs remerciements personnels, ainsi que ceux du Ministère du Tourisme.

Ceci étant, je m’adresse maintenant, de façon fraternelle mais solennelle, à la grande famille Poussin. Certes, de par ma formation, je ne suis trop partisan des propos thuriféraires, mais cette fois-ci, moi-même, je ne saurai m’empêcher de faire l’éloge de cette illustre famille du grand écrivain-voyageur, réalisateur et documentaliste Alexandre Poussin, titulaire de maintes récompenses et de nombreux prix internationaux, dont je ne cite que le Prix du Tourisme Durable de Saint-Etienne en 2005, car il est en relation directe avec notre Département.

Alors, Alexandre, Sonia, Philaé et Ulysse Poussin, félicitations et merci de tout cœur !  A travers nous, le Ministère du Tourisme et le Gouvernement ainsi que le peuple malagasy tiennent à vous exprimer toute leur reconnaissance pour avoir vécu et réalisé ce Madatrek. Comme vous dites, vous êtes bien allés jusqu’au bout : jusqu’au bout du pays mais aussi jusqu’au bout de vous-mêmes, et je dirai même jusqu’au bout de ce que c’est qu’être des HUMAINS. Une fois encore merci et félicitations.

 En effet, naturellement, humainement, comment ne pas nous émouvoir en apprenant la louable persévérance de cette famille dont l’exploit force l’admiration, le respect et la reconnaissance, et les mots ne sont pas assez forts pour rendre raison de ce que vous avez dégusté, vécu,  enduré,  surmonté, investi et donné aussi ?

Pour ma part, je suis aussi un grand amateur de la marche, et je me souviens particulièrement de notre exercice de marche de manœuvre quand j’étais jeune élève officier, nous faisions à pied le trajet Ambositra-Antsirabe, totalisant quelques 90 km seulement, en une journée entière. Il y a aussi mes déplacements professionnels dans toute l’étendue de ma circonscription électorale forte de 17 communes rurales, en tant qu’ancien Député élu dans le district d’Ikongo.  Mais tout cela n’est que miette, comparé à vos exploits antérieurs, notamment à l’occasion de l’Africatrek, et surtout comparé aux récents 5000km de marche à votre compteur dans le cadre de Madatrek, ce qui a coûté, entre autres, à Alexandre la fracture de son 5ème métacarpien, et a même  failli lui coûter la vie, sans évacuation sanitaire à la Réunion, sans parler du triste coups de l’un de leurs bouviers et la vive émotion à l’occasion du trajet aventurier du côté de la baie d’Antogil avec une embarcation de fortune ou encore à la triste découverte du trépas du gentil Zorro aux longues cornes qui tire la charrette depuis la terre des cactus dans le Grand Sud. Nous pouvons deviner ce qu’ont vécu sa tenace femme et ses deux merveilleux et courageux enfants. Les bouviers et Bâbord, le seul bovidé ayant accompli tout le périple, sont les témoins oculaires des épreuves extrêmes mais aussi de tous les moments forts vécus par cette famille, au cours du MADATREK.

 Mais le mérite de votre démarche ou mieux de la marche que vous avez effectuée ne se limite pas à la simple distance parcourue, il y a également d’autres dimensions. Entres autres, notons sur le plan heuristique l’intérêt de leur découverte de centaines d’hectares de nouveaux paysages uniques sinon pittoresques, de faunes et flores endémiques sans égal, de leur rencontre avec des milliers d’âmes dans les villages visités, de leur contact avec plus d’une dizaine de pratiques, rites, us et coutumes constituant le riche et dynamique identité à multiples facettes culturelles d’un peuple charmant. Tout cela contribue à faire connaître la destination Madagascar Ile Trésor, à travers le monde. Donc, au nom du Ministère du Tourisme, merci aux Poussins.

Louons également l’intérêt environnemental de Madatrek. Comme tout grand trekkeurs, les Poussins ne se sont pas limités à la simple souscription d’une charte éthique mais ils se sont véritablement engagés dans un combat écologique via la protection du patrimoine forestier, notamment par l’appui au déclenchement de la procédure d l’inscription d’un parc fortement menacé parmi les aires protégées et ce, non sans risques pour les siens.

Mais plus grand encore est leur investissement intersubjectif et humaniste, en raison des inoubliables œuvres concrètes de bienfaisance qu’ils ont généreusement entreprises, en faveur les communautés locales visitées comme au Centre Akamasoa géré par le Père Pedro ou à Vohémar avec le projet de construction d’une maternité-dispensaire.

Ce n’est donc pas en conquistador que vous foulez le sol malagasy car vous êtes véritablement allés à la rencontre de l’Autre et vous avez rendu de signalés services au peuple et à la nation malagasy. Décidément, comme s’intitule votre publication sur la toile, Madatrek se rend utile ! Alors, merci !

De tout ce qui précède, si nous nous trouvons aujourd’hui en cet endroit près du point kilométrique zéro à Antananarivo, au passage félicitations particulièrement à Philaé et à Ulysse, vous avez bien posé sur la borne kilométrique à Vohémar. Donc, si nous sommes ici, ce n’est pas le retour à la case départ, mais au contraire, c’est pour repartir avec de bonnes et solides bases. C’est aussi pour rendre honneur à la famille Poussins, pour les féliciter et les remercier : bravo, vous avez continué à vivre merveilleusement et pleinement votre statut mérité d’homo viator. Point n’est ici besoin d’insister sur la vertu de la marche ni sur la philosophie, le sens de la marche. Le philosophe Fréderic Gros a publié un livre : Marcher, une philosophie. Tout le monde connaît la fameuse promenade habituelle de Kant dans les jardins de Königsberg, les voyages à Pied du jeune Rousseau, d’Annecy à Turin, de Paris à Chambéry, les promenades de Nietzsche dans les hautes montagnes de l’Engadine, les sorties quotidiennes de Henri David Thoreau en forêt.

En tout état de cause, je souhaite à la famille et à ses accompagnateurs un total et prompt rétablissement pour les maladies, blessures et les accès de fatigue ainsi éprouvés. Je vous souhaite également un plein succès pour la suite de votre entreprise. Bon vent si vous allez encore poursuivre le trekking, compte-tenu de la toute importance de la marche qui fonde et se fonde sur toute une philosophie de la vie !

 Au demeurant, last but not the least, en guise de reconnaissance de leur importante contribution mais aussi puisqu’ils font partie des nôtres, je déclare Alexandre, Sonia, Philaé et Ulysse Poussin, tous, ambassadeurs itinérants de la destination Madagascar Ile Trésor.

Un grand merci à tous les compatriotes qui ont guidé, aidé, accompagné et bien accueilli la famille Poussins au point de se lier de cœur avec eux.

Je vous remercie de votre aimable attention.